
Les défilés de septembre et d’octobre ont fini de livrer leurs indices. Dans un bilan publié le 1er novembre, Le Parisien a passé en revue les tendances repérées à la Fashion Week printemps-été 2027 de Paris. On y trouve un retour assumé du style pirate, beaucoup de franges, des plumes, de la transparence, des fleurs et un matériau qu’on n’attendait pas forcément : le PVC. Voici ce que ces podiums disent de l’été prochain, et ce que l’on peut déjà en retenir pour son propre vestiaire.
Le piratecore passe à l’abordage chez Acne Studios
C’est la tendance la plus spectaculaire de la saison. Pour son défilé printemps-été 2027, Acne Studios a transformé le Collège des Bernardins en galion, avec lustres en cristal et tapis aux motifs distordus signés de l’artiste Faig Ahmed, raconte Vogue France dans son compte rendu du défilé.
Jonny Johansson, directeur de la création de la maison suédoise, a repris tout le vocabulaire du pirate : capri en cuir à revers, souliers à boucles métalliques, bottes à revers, tops oversize à œillets, jupes froncées et drapées aux volumes de robe de bal, et même un tricorne retravaillé. Le tout mélangé à des codes punk, pour une silhouette volontairement désinvolte.
Le magazine rappelle que ce « piratecore » n’est pas tout à fait nouveau : il avait déjà refait surface en 2025, dans une version plus romantique portée par le retour des bottes de pirate. La différence, cette fois, tient au ton, plus radical et plus théâtral.
Comment le porter sans se déguiser
Personne n’ira au bureau en tricorne. Ce qui passera dans la rue, ce sont les détails : une paire de bottes à revers, des chaussures à boucle, une chemise ample à lacets ou à œillets, une jupe à volume portée avec un pantalon de cuir. Les teintes terreuses, le rouge profond et le noir, déjà associés à cette esthétique, se mêlent facilement à un vestiaire existant.
Balenciaga revient aux coupes
À l’opposé de la provocation, Pierpaolo Piccioli a signé son troisième défilé pour Balenciaga en misant sur la coupe. Le Parisien décrit des essentiels repensés façon couture, des volumes très structurés et un drapé travaillé, loin du style choc de l’ère Demna. Le défilé a divisé, entre nostalgiques de l’ancienne signature et amateurs de ce retour à l’élégance classique.
Pour l’été 2027, c’est sans doute la leçon la plus simple à appliquer : un beau tailleur, une chemise bien coupée ou une robe droite parfaitement ajustée resteront des valeurs sûres, quelle que soit la tendance du moment.
Franges et plumes : le mouvement dans la silhouette
Les franges reviennent encore, mais sous deux formes opposées. Chez Courrèges, elles sont en vinyle, la matière fétiche de la maison, et dessinent des hauts déstructurés ou des jupes à lanières. Chez Isabel Marant, elles prennent un air bohème sur des jupes en macramé qui rendent hommage au travail artisanal.
Les plumes, elles, ont marqué l’un des moments forts du mois. Matières Fécales a présenté 99 silhouettes sur la place de la République, dont les plus impressionnantes étaient couvertes de plumes : chapeaux volumineux, cols, ailes dans le dos et robes. Chez Ann Demeulemeester, la plume se faisait plus discrète, posée sur des épaulettes structurées ou des ceintures à basque.
À l’échelle d’une garde-robe, cela se traduit par une jupe frangée qui bouge à chaque pas, ou par une touche de plume sur un accessoire : une pince à cheveux, une boucle d’oreille, un col amovible.
Transparence et fleurs pour la légèreté
La semaine parisienne s’est ouverte avec Julie Kegels. La créatrice belge a remporté le Prix LVMH 2026 en septembre, assorti d’une dotation de 400 000 euros et d’un an de mentorat au sein du groupe, selon FashionNetwork. Pour son défilé, inspiré par les rêves et la nuit, elle a joué sur des jupes en organza brillantes et colorées à travers lesquelles on devine la silhouette.
Chez Carven, Kai Nesselrath a cherché l’effet des draps de lit au petit matin : des robes aériennes, translucides, et un bleu layette déjà très remarqué.
Côté imprimés, la fleur ne quitte jamais vraiment les podiums. Maison Margiela l’a déclinée sur les jupes, les chemises, les robes, les chaussures et jusqu’au décor, tandis que Dries Van Noten, dont c’est le motif signature, l’a utilisée sur des silhouettes glamour et colorées.
La transparence, mode d’emploi
Une jupe en organza se porte très bien sur un short ou un pantalon fin, une chemise translucide sur une brassière ou un débardeur de la même couleur. C’est le moyen le plus simple de tester la tendance sans renoncer au confort.
Le PVC s’invite dans les sacs
Dernière tendance relevée par Le Parisien : le plastique transparent. Le succès du Firkin, un sac en plastique translucide, a ouvert la voie, et Stella McCartney a présenté à son tour des sacs transparents lors de son défilé. Seront-ils les sacs phares de l’été prochain ? Il faudra attendre l’arrivée des collections en boutique pour le savoir.
Ce retour du PVC a une conséquence pratique : un sac transparent montre tout ce qu’il contient. Une pochette intérieure ou un petit étui assorti devient presque indispensable pour garder un minimum de discrétion.
Ce qu’il faut retenir pour l’été 2027
Cette saison parisienne oscille entre deux envies. D’un côté, le spectacle : pirates, plumes, franges en vinyle. De l’autre, un retour au classique, porté par Balenciaga et par la place laissée à la coupe et au savoir-faire.
Entre les deux, les tendances qui ont le plus de chances de gagner la rue sont les plus faciles à adopter : la jupe à volume, la frange, la transparence légère et l’imprimé floral. Les collections printemps-été 2027 arriveront en boutique dans quelques mois. D’ici là, rien n’empêche de ressortir de son placard des bottes à revers ou une chemise romantique pour prendre un peu d’avance.
